Le zone system, une philosophie Photographique.

Mis à jour : 10 juil. 2019

Ce fameux zone System est avant tout, le résultat d’une recherche destinée à la photographie monochrome. Il nous vient tout droit de la période argentique. La démarche a permis la maîtrise du contraste de la prise de vue au développement.

Cette technique d’exposition est le fruit du travail réalisé par Ansel Adams et Fred Archer. Elle voit le jour dans les années quarante. C’est devenu la méthode, la référence utilisée par de nombreux photographes américains dans leurs réalisations artistiques. Elle a été retravaillée avec les notions complexes de la sensitométrie, elle a fait l’objet d’un ouvrage de référence « Beyond the Zone System ».

Considérée comme un référentiel, il est destiné à l'origine au appareils de grands formats à la chambre, la technique n’a pas trouvé un large intérêt chez les Européens. La tradition de notre continent était plutôt tournée vers la photographie de reportage que l’expression dite « fine art ». Car, ils préféraient donc les petits boîtiers facilement transportables. À l’émergence de la photographie numérique le lien aux zones System a été coupé. Vous ajoutez à tout ceci qu’il s’est propagé une série d’avis critiques qui ont éloigné les photographes d’une valeur ajoutée ! On s’en aperçoit quand on le pratique le principe dans l’acte photographique de tous les jours.


Le premier jugement négatif.


La technique ne s’appliquerait qu’au grand format. en effet, on développe séparément chaque plaque, chaque plan-film capturé. Elle serait donc incompatible avec les rouleaux de pellicule destinés appareils de moyen et petit format. Le développement de celles-ci demande un bain unique pour toutes les poses. On a longtemps associé cette approche comme une méthodologie de travail des puristes.


La deuxième critique.


Elle fait appel aux théories complexes de la sensitométrie. Ce sont des principes accessibles pour un nombre limité d’initiés.

Maintenant, Ansel Adams était convaincu que la technique pouvait s’appliquer au moyen et petit format. Il a utilisé un Hasselblad 120 pour certaines de ses Œuvres. le succès fût au rendez-vous, ils a offert une méthode empirique basée sur l’observation de la scène. Il est donc possible d’exposer la photo sur base d’un posemètre embarqué dans un appareil photo. Cette théorie permet de s’affranchir d’un spotmètre et du calcul des ratios de contraste.


Le zone System et le numérique.


Nos appareils embarquent une cellule de mesure. Elle nous aide à prendre des décisions lors de notre travail sur le terrain. C’est bien connu de tout le monde. Il est cependant important de signaler un détail. Elle va nous renseigner sur la base de la Charte de gris 18 % (Kodak). Elle est réglée pour exposer la valeur du centre de votre histogramme. La cellule est un instrument de base. Il a pour fonction de vous informer uniquement cette mesure. Mais avec l'absence de fonctions intelligentes. C’est au photographe de prendre la décision avec cette valeur obtenue.

Il y aura des compensations à apporter suivant la nature de la scène. Si vous faites une confiance aveugle à votre échelle d’exposition. Les clichés de chacune des compositions capturées auront une densité de gris moyens. Vous obtiendrez un très grand nombre de mauvaises expositions inexploitables. La tolérance du travail sur des fichiers RAW est très courte pour conserver une cohérence dans le rendu des couleurs. Si, on ne veut pas en altérer la saturation et garder des couleurs naturelles. Il faut contrôler la capture pour des écarts qui ne dépassent pas une action de plus ou moins 1 IL.

Cette approche a séduit un panel de photographes. Ils adaptent la notion avec plus ou moins de succès le Z/S au développement technologique de la photographie numérique. C’est une technique d’actualité lorsqu’elle est dépoussiérée. Il faut simplement utiliser un processus de travail. Ce procédé génère un négatif de qualité, il emprisonne le maximum de détails. L’utilisation du Zone System demande une connaissance approfondie de l’histogramme et de la manière d’y faire glisser les informations contenues dans ce fichier brut. Mais avec un peu de temps et une étude plus poussée de la correction de la couche de lumière. On est face à une méthode qui permet de se donner le meilleur de l’exposition. Elle sera le reflet de la dynamique de contraste d’une scène.


Contrairement aux idées reçues, cette démarche n’est pas réservée à la prise de vue de paysage lors d’une pratique d’une photographie dite contemplative. Et malgré ses impératifs du mode manuel et de la mesure en zone spot. (Il faudra vérifier que la mesure n’est pas liée au collimateur destiné à l’autofocus). Il s’agit de la prise de mesure et non de l’action de mettre la netteté. Je précise. Mon expérience au studio lors des ateliers m’a appris que ces deux facteurs sont trop souvent confondus. La raison en est simple, c’est directement lié à la zone qui se chevauche pour les deux fonctions indépendantes l’une de l’autre en mode manuel). Mais n’attendez pas de miracle. La technique est limitée par la dynamique de votre matériel.

Si la dynamique de contraste dépasse la possibilité de la dynamique du capteur. Il faudra apporter une solution additionnelle. On effectuera de multiples poses en vue d’un traitement HDR. On peut également s’orienter vers le digital Blending pour sa qualité et sa précision. On pourra faire appel à l’aide d’un flash pour déboucher les zones les plus enterrées.

Ansel Adams utilisait le terme « zone » pour parler des niveaux de luminosité d’un film et le terme « valeur » pour parler de ceux d’un tirage. Les zones et valeurs étant équivalentes, la zone V d’une scène correspond à la valeur V d’un tirage. Le système repose sur onze zones, numérotées en utilisant des chiffres romains de 0 à X. C’est une échelle utilisée par le logiciel Nik collection Silver Effect. Il est calibré pour le développement en zone système du Noir et Blanc numérique. La zone V représente une luminosité moyenne qui correspond à celle d’une charte de gris 18 % (soit la valeur 128|128|128 RVB de votre histogramme). En fonction de la plage dynamique de votre capteur, vous pouvez attribuer la zone VII (+ 2 il par rapport à la zone V) à la tonalité la plus claire et la zone III (− 2 IL) à la tonalité la plus sombre qui comporte encore des détails. Tout appareil numérique convient, à condition d’intégrer un mode Manuel et une mesure Spot. Pour sa mise en œuvre, analysez votre sujet et sélectionnez une partie claire dont vous souhaitez conserver les détails et la texture.



Voici une idée de la technique, elle se pratique en visant la zone. Et on apporte la compensation nécessaire.

Voici une idée de la technique, elle se pratique en visant la zone. Et on apporte la compensation nécessaire.

Je propose un module de formation théorique à la pratique du zone System sur base d’une théorie simplifiée et accompagnée d’une mise en pratique. Je propose également le développement des fichiers récoltés dans Silver effect pro.


Cette technique est enseignée dans :

Le stage modulaire : les secrets de la photographie