Eclairage de portrait en studio, évitez le piège des débuts !


En matière de portrait, en matière d'éclairage, en matière de composition, Il devient impossible d'innover. Tout a déjà été étudié. Généralement bien mieux que l'on peut imaginer. Il nous reste à travailler sur les grands classiques. C’est l’implication dans notre image qui fera la différence. Il ne faut pas oublier qu'une simple source gère l'ambiance générale du climat psychologique de votre photo. L'expression du portrait est une transmission d'un caractère par l'image. On travaille sur le concept et la représentation de l'être.

le piège du plans d'éclairages 45°/45° face au modèle.Évitez

La plupart des débutants utilisent deux sources de lumière en studio. C'est un matériel de base pour ce travail. Normalement la plus simple façon de déboucher* reste le retour d'un réflecteur. Il est cependant plus confortable de travailler avec deux sources. Mais l'erreur la plus commune avec deux torches, c'est de construire un éclairage 45°/45° face au modèle. Il est facile de tomber dans ce piège lorsqu’on a pas d’informations valables. Les autodidactes mettent un certain temps pour comprendre d’où vient le manque de volume à leurs photos.

*(déboucher = rendre les ombres transparentes)


Pourquoi est-ce un problème ?

Ce choix va aplatir l'image. Avec ce positionnement dans ce type de plan d’éclairage, des ombres vont se créer de manière symétrique sur le visage. Elle placera tout naturellement deux crêtes d’ombres de chaque côté du nez et de chaque côté du front. Et même avec un ratio, cette disposition écrase inévitablement tous les reliefs.

Voici un visuel pour illustrer

Sur l'illustration réalisée dans un studio 3D, on peut constater des caractéristiques. Il se crée des ombres opposées derrière les crêtes du nez (dans les zones A). Elles sont également présente à l'intérieur des orbites (dans les zones B.) et sur les zones temporales (dans les zones C). Ce rendu est plat. L'image est écrasée.


Choisissez votre lumière principale.

Pensez votre éclairage en fonction de la personne à photographier. Avant d'éclairer, le photographe doit VISUALISER l'image finale. L'éclairage est un acte intentionnel en cohérence avec la volonté « d'écriture » du photographe (« celui qui écrit avec la lumière »).

Il existe quatre plans principaux pour éclairer un modèle. Avec ces quatre plans pour bases, il nous restera à peaufiner l'atmosphère avec la qualité de la lumière, une lumière dure, semi-diffuse, voir complètement diffuse. Il faudra également approcher des notions de lumière large, étroite, clair-obscur, du High-Key (Image dont la tendance générale se situe à droite de l'histogramme), et le Low-Key (image dont la tendance générale se situe à gauche de l'histogramme). A savoir, Ces deux dernières disciplines sont présentées comme des techniques particulières. Il faudra également aborder les problèmes du contraste général de l'image avec la gestion de la lumière et du fond. Le choix d'un fond blanc, noir, gris 50% permettra de gérer le dégradé des taches de lumières.

Voyons ensemble les différents plans .

Eclairage papillon (butterfly lightning)

Cet éclairage est aussi connu sous le nom éclairage beauté ou Paramount, en référence aux studios américains du même nom. L'éclairage Butterfly porte ce nom parce qu'une ombre en forme de papillon se crée sous le nez du modèle. On le retrouve par exemple employé de façon systématique pour les plans rapprochés des films des année 30-40, ou encore dans les photos de George Hurrel, photographe d'Hollywood qui immortalisa de nombreuses stars de cinéma, avec un style affirmé beauté-glamour. Il est toujours affectionné par des artistes photographes actuels à l'image de Platon pour ses portraits de célébrité. (Image de référence, le portrait de Poutine).

La source lumineuse principale est placée dans l'axe vers lequel regarde le visage du modèle. Il est placé au-dessus de lui. Une ombre se forme alors sous le nez, avec une forme qui a donné son nom à ce type d'éclairage. L'éclairage papillon met en valeur les pommettes et fonctionne particulièrement bien avec les visages fins et symétriques. Il est préférable de ne pas l'utiliser avec des visages ronds. On préconise en général d'éviter de placer la source lumineuse trop haute et à la verticale du modèle, On va l’ajuster en plaçant le point blanc au-dessus des pupilles. On veille aussi que l'ombre du nez ne rejoigne pas la bouche (cette éclairage ne fonctionne pas pour les grands nez). On fera appel à une lumière de remplissage (fill light) placée à une hauteur inférieure à celle de la ligne des yeux. Il se révélera très utile. Il permet d'ouvrir les détails dans les ombres des arcades sourcilières et l’ombre du coup. Cette lumière de remplissage sera gérée avec un réflecteur voir une seconde torche avec un ratio plus ou moins important suivant le visuel recherché. On recherche une certaine transparence. Le but est de laisser les ombres existantes.


Avec réflecteur



Schéma d'éclairage Loop.

Dans l'éclairage Loop, l'ombre du nez forme une petite boucle sur une des joues du modèle. Pour créer cet éclairage, simplement à partir de Butterfly, la source de lumière est déplacée à environ 30 à 45 degrés de l'axe du visage. La source de lumière doit également être légèrement plus haut que la hauteur des yeux, comme dans l'éclairage Butterfly, pour pouvoir créer cette ombre très définie. On cherchera à canaliser l'ombre du nez pour laisser une bande de lumière entre l'ombre du nez et de la joue.


Avec réflecteur



Eclairage Rembrandt (Rembrandt lightning)

Ce nom fut employé pour la première fois par le réalisateur Cecil B. DeMille, sur le tournage du film "The Warrens of Virginia" (1915).

Comme son nom l'indique, c'est la reprise de la lumière du peintre flamand Rembrandt. Il se caractérise par la présence d'un triangle de lumière sous l'œil du modèle dans la partie ombragée. Ce plan demande un travail de lumière. Il demande également un travail de positionnement du modèle dans cette lumière. Elle laisse peu de place au déplacement de la personne dans le cône de celui-ci. Ce plan est populaire. Car, il donne une lumière assez naturelle. Souvent considéré comme un éclairage très adapté aux portraits masculins, il peut cependant être utilisé pour donner une atmosphère mystérieuse ou dramatique. Dans cette recherche esthétique, il convient à des portraits des deux sexes.

Concrètement, Le triangle est tout simplement formé par l'ombre du nez, qui s'allonge et vient rejoindre l'ombre de la joue, du côté du visage le moins éclairé. La lumière principale est alors à 45° environ de l'axe du regard et est placée en hauteur en piqué. Il peut être débouché au réflecteur ou avec une deuxième source asymétrique voir d’effet.


Avec réflecteur



Eclairage de côté/profil (split lightning)

La source principale est ici placée à 90° de l'axe vers lequel est tourné le sujet et à la hauteur des yeux. Ce plan convient pour les visages larges ou pour donner un côté très dramatique.

Il est aussi appuyé que l’éclairage Rembrandt. Cependant, le contraste général sera plus important que le Rembrandt. On préférera utiliser une seconde source en lumière d'effet. On évite généralement le remplissage lorsque qu'on choisit cette atmosphère particulière. C’est l’esthétique qui prime.


Avec réflecteur



En conclusion.

Nous allons privilégier un éclairage avec une lumière principale marquée. On évitera d'utiliser les deux sources symétriques face au modèle (45°/45°) pour apporter du volume et de l'atmosphère à nos clichés. Dans le prochain article consacré au portrait de studio. Nous analyserons ensemble les deux plans dérivés ainsi que les correctifs à apporter suivant le caractère du visage.


Article 1 : La plage dynamique.

Article 2 : Plage dynamique et Plage de contraste.

Article 3 : L’histogramme, Le portrait en lumière.

Article 4 : Eclairage de portrait en studio, évitez le piège des débuts !