Les espaces colorimétriques et le mode LAB



Les espaces couleurs ou GAMUT.

Le gamut d'un écran représente toutes les couleurs qu'il est capable d'afficher. Celui d'une imprimante, toutes les couleurs qu'elle est capable d'imprimer. Le gamut d’un espace colorimétrique, l’ensemble des couleurs qu’il peut gérer.


Il existe deux types d'espaces couleurs :

1. Les espaces dédiés aux appareils proprement dit. On parle alors de profil ICC.

2. Les chercheurs développent des espaces qui ne sont pas liés aux appareils. Les plus connus sont le Pro photo, Adobe RVB 1998 ou encore SRVB (c'est le plus utilisé). Il existe également le plus grand d'entre eux. C'est un espace utilisé initialement pour le transfert d'image entre divers espaces colorimétrique. Il représente l'ensemble des couleurs que voit un être humain, il est connu sous l'appellation espace LAB. Cet espace couleurs LAB est donc l'étalon, de la gestion des couleurs.

Tous les autres espaces se trouvant limité par les limites de la technologie, la représentation et l'utilisation des couleurs ne se trouveront exploitable que dans une partie du LAB.

Les modèles colorimétriques.

Un espace colorimétrique représente donc un ensemble de couleurs visibles par un être humain ou un appareil.

Il existe plusieurs modèles : RVB, CMJN, LAB ou CIE xyz existe plusieurs variantes englobant plus ou moins de couleurs très saturées en RVB (sRVB, Adobe RVB 98, Pro Photo, etc.…). Les modèles qui sont associés aux périphériques et on les appelle alors des profils ICC. Ils seront directement liés à la possibilité de représentation des couleurs. C'est avec ces profils que l'on peut contrôler la colorimétrie pour les différents types d'impressions.

Les espaces de travail qui englobent ses profils portent l'appellation espaces couleurs.

Pour nous photographes, Lequel choisir dans les logiciels de retouche photo ? Dans son appareil photo ?

Le Jalon, L'espace LAB.

L'espace LAB est le plus utilisé en contrôle de la colorimétrie moderne. C'est un mode très bien adapté aux mesures de colorants ou de pigments. Il permet de doser les estimations des mélanges. Il a été codé sur base de travaux effectués sur l'interprétation des informations entre l'œil et le cerveau. L'argument de base est qu'une couleur ne peut être ni rouge et verte à la fois, ni bleue et jaune à la fois, mais elle peut être à la fois rouge et jaune (orange) ou rouge et bleue (pourpre, magenta). Le rougissement ou le verdissement est exprimé par la valeur d'une coordonnée a*, positive si rouge et négative si vert. Le jaunissement ou le bleuissement est, quant à lui, représenté par une coordonnée b*, positive si jaune et négative si bleu.

L'espace colorimétrique LAB s'inscrit dans une sphère légèrement aplatie. L'axe vertical L*, correspond à la clarté ou luminosité, suivant une échelle psychométrique allant de zéro à 100. La valeur 100, localisée en haut de l'axe, représente le blanc ou la réflexion totale ; la valeur zéro, en bas, le noir ou l'absorption totale. L'axe L* correspond donc à l'échelle des neutres (absence de couleurs). Dans chaque plan horizontal de la sphère, qui représente une valeur donnée de clarté L*, deux axes orthonormés servent à positionner les coordonnées de chromaticité :

l'axe — a*/+a* pour le vert et le rouge, et l'axe — b*/+b* pour le bleu et le jaune. La teinte et la saturation d'une couleur donnée seront déterminées par les coordonnées cartésiennes a*, b*.


En résumé - L’intérêt du mode LAB.

L'espace colorimétrique LAB comprend toutes les couleurs perceptibles par l'œil humain. Dans ce Modèle de couleur 3D, l'axe a reproduit la luminosité, l'axe est responsable des teintes rouges-orangées et des vertes alors que l'axe b décrit les couleurs du bleu au jaune. Le Modèle de couleur est indépendant du matériel. Les couleurs sont définies indépendamment de la façon dont elles sont produites et de leur technique de reproduction. L'espace colorimétrique LAB est un espace couleur uniforme, c.-à-dire. Plus la distance entre les couleurs est grande dans l'espace colorimétrique, plus la différence de couleur devient nette pour l'œil.

C'est cet espace qui permet le traitement des couleurs des autres espaces colorimétriques et des profil ICC dédié.

Important ! L'espace LAB est l'espace colorimétrique absolu. C'est d'ailleurs cet espace couleurs absolu qui est utilisé par Photoshop ou Lightroom comme plaque tournante de toute la gestion des couleurs dans ce logiciel. On pourrait remettre cela à un bureau de change pour faire une analogie avec les différentes monnaies de tous les pays.

Pour rendre cette compréhension plus accessible. Le principe peut s'illustrer sur le système de transaction bancaire. On peut dire que pour obtenir une certaine quantité d'or, nous avons une dépense à effectuer que correspond à une valeur exacte de la monnaie dans chaque pays. La valeur du Kilo d'or est toujours la même, sa représentation dans chaque pays correspond à un nombre de billets qu’il vous est demandé pour l’acquérir . Mais, si vous partez d'un pays vers un autre, il vous faudra faire un échange de devises ( exemple : dollars – Euros) pour avoir en poche une monnaie local acceptée pour la transaction. Mais même si l'échange des devises ne vous apporte pas le même nombre de billets d'un pays à l'autre. Votre cumule des billets qui ont court dans chacun des pays vous permet l'achat de la même quantité d'or. Et l'or peut être ici comparer à un espace financier qui accepte et génère chaque système financier suivant le cours sur le marché mondial.


Pour en revenir à notre espace LAB, il permet la traduction la plus proche d’une couleur d’un espace vers un autre ou vers du matériel distinct.


J’ai découvert la puissance du mode Lab en suivant des formations dédiées à la gestion des couleurs. IL est possible de travailler et apporter des corrections précises de la couche de lumière et de la chromie dans ce mode. Même si vous ne travaillez pas dans l’espace LAB, comprendre et savoir lire une couleur Lab est vraiment intéressant ! Ce n’est pas forcément facile comme approche, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle ! Lorsque vous serez habitués, vous verrez qu’il est bien plus rapide de détecter un problème en couleur LAB qu’en couleur RVB.


Je développerai plus en avant dans le prochain article qui traitera du positionnement des autres espaces colorimétrique. Je pourrais vous apporter des éléments supplémentaires sur l'utilisation du système LAB en retouche photographique. Car il est possible de retoucher sa couche de luminosité sans altérer la perception des couleurs. Il est aussi plus simple d’y régler des problèmes de dominantes de couleur dans ce mode.

Articles

1. L'œil, L'organe de perception de la couleur.

2. Les espaces colorimétrique et le mode LAB