Le format Raw. Introduction



Un peu d'histoire .

Le 14 avril 1960, Thomas Knoll a vu le jour. Cet ingénieur américain n'est autre que le co-créateur avec son frère de Adobe Photoshop. Il est à l'origine de la routine de traitement de l'image numérique en 1988. Les premières bases établies, il sollicite l'avis de son frère, John Knoll, qui travaillait chez Industrial Light and Magic.

John a suggéré à Thomas de nouvelles fonctionnalités. Après la mise en œuvre de celles-ci, John présenta le paquet de routines dans une interface graphique. En 1989, il a vendu avec un très beau succès le programme Adobe system présenté sous le nom de Photoshop.

Thomas est resté concepteur principal de l'interface Photoshop jusqu'à la version Cs4. Ensuite, il a pris en charge le développement du plug-in Caméra Raw. Il continue aujourd'hui à développer plus en avant les logiciels adobe destinés au dématriçage des fichiers bruts ( RAW) de nos appareils photos.

Le format Raw, négatif numérique.

C'est la manière dont est qualifié ce fichier brut par Thomas Knoll. En effet, le fichier brut (Raw) est défini comme un enregistrement des données brutes saisies par le capteur englobant les métadonnées créées par votre boitier. En état, il n'est pas considéré en tant qu'image. Il peut s'apparenter par analogie au négatif argentique.

Pour en découvrir le contenu, il faut appliquer un développement. La finalité de celui-ci sera destiné à un affichage écran et des sorties analogiques (papier et autres). Il faut donc toute cette procédure pour en découvrir l'image couleur et en percevoir toutes ses finesses.

Il existe cependant une énorme différence avec le négatif argentique. Ses valeurs ne sont pas inversées. Le négatif numérique est bien loin de la logique de traitement de l'image argentique. Mais, si ce n'est pas vraiment un négatif en tant que tel. Il n'est pas si simple de l'exploiter. Le révéler va demander de s'appuyer sur les métadonnées enregistrées par l'appareil. Elles renseignent aux programmes la balance de blanc, l'objectif utilisé, la sensibilité iso, l'ouverture, la vitesse. Ces informations auront un impact direct sur l'interprétation des logiciels. Et c'est sur le cumul de toutes ces informations que sera interprété une version d’image couleur de votre capture.

Les dessous du négatif numérique.

Si je photographie en RAW, mon appareil photo doit traiter le fichier brut pour qu'il soit visualisable sur l'afficheur LCD de l'appareil. Il va créer un fichier RAW non traité. Il aura un rendu peu présentable. Il sera excessivement sombre et terne sans un traitement adapté. Pour me permettre d’en avoir un aperçu. Il sera également un jpg de base résolution pour la lecture directe. Le fichier brut contient des informations de couleur, mais aucune information permettant à l'être humain de les interpréter comme une couleur. Chaque élément photosensible du capteur enregistre l'information de luminance et génère ensuite une charge électrique proportionnelle à la quantité de photon reçue. Seule l’algorithme de mon appareil est donc dans la capacité de me donner une version traitée à l’instant. Le relais est assuré par les logiciels dédiés sur les plate-forme informatiques.

Caractéristiques d'un négatif numérique.

La capture linéaire

Si l'on place une bille dans un sac et qu'ensuite vous en glissez une deuxième, au final le poids du sac ne vous paraît pas deux fois plus lourds. Si l'on double le nombre de photons qui atteignent votre rétine, la scène vous paraîtra plus lumineuse. Car, dans le mécanisme de la vision la scène ne sera pas deux fois plus lumineuse. Nos yeux s'adaptent à l'intensité de lumière. Ils aident le cerveau à modéliser la représentation de l’environnement.

Le capteur d'un appareil numérique ne possède pas cette non-linéarité caractéristique de la perception humaine : il se contente de compter les photons récoltés de manière linéaire. Si un appareil encode une prise de vue sur 12 bits, chaque couche couleur génère 4 096 niveaux, c'est-à-dire 4 096 variations de luminosité entre le noir et le blanc. Il faut 4 096 photons pour que l'appareil enregistre le niveau 4096. Il faudra la moitié des photons pour que l'appareil enregistre le niveau 2048 et encore la moitié pour enregistrer le niveau 1024. Dans une capture linéaire, le niveau correspond donc toujours au nombre de photons capturés. Ce caractère linéaire de la prise de vue numérique va avoir des conséquences importantes sur l'exposition.

Pour la grande partie des réflexes actuels, un appareil enregistre une gamme dynamique de sept diaphragmes, la moitié des 4 096 niveaux sont affectés au diaphragme le plus lumineux, la moitié du reste (1 024 niveaux) au diaphragme inférieur, la moitié restante (512 niveaux) au diaphragme suivant et ainsi de suite. Le diaphragme le plus sombre, correspondant aux parties les plus sombres et ne sera défini que par 32 niveaux.

Les dématriceurs ont pour tâche de convertir cette capture linéaire en une courbe logarithmique. C'est nettement plus complexe que d'appliquer une correction de lumière. Dans la pratique, quand nous corrigeons un fichier brut. Car il faut corriger le Raw. La technique consiste à caler le point blanc et les points noirs. Ensuite, il est conseillé d'ajuster les valeurs moyennes. On touchera ensuite au contraste. Il est donc super important d'exposer au plus juste son fichier brut. Si l'intervention est trop appuyée. Votre image va se disloquer et partir en morceau. L'équilibre de celle-ci dépend bien de la compréhension de format brute et de sa mécanique.


Cependant, l'avantage du format RAW bien exposé est que son traitement est non-destructif : il est possible de modifier pour obtenir une esthétique propre, de produire des JPG et de revenir en arrière le cas échéant. Il est possible avec sa richesse de détails de produire une autre proposition sur base d'un même fichier. L'esthétique du rendu peut être très différent. Et pour nous photographe auteur, c’est tout l’intérêt d’utiliser ce format .

En utilisant au mieux les fonctionnalités des logiciels qui permettent de mémoriser l'historique des traitements appliqués. La possibilité de copies virtuelles (Lightroom) vous permet de revenir en arrière à tout moment. Le RAW, un format très souple qui offre une infinie de possibilités de traitements moyennant quelques notions simples. Ceux qui souhaitent aller plus loin dans le traitement et la retouche photo trouveront avec le format RAW le type de fichier idéal pour exprimer leur créativité.


Cela permet un meilleur contrôle de la qualité de l'image. Une raison pour oublier de travailler en jpg.

Ne plus laisser le développement à votre boitier.

Le processeur du boîtier va décider d'appliquer les réglages de vos prises de vues. Il prendra en compte le réglage de la balance de blanc qui peut être approximatif quelquefois, l'exposition qui est peut-être aussi à revoir, la correction de tons programmé en interne dans l'étalonnage de votre appareil photo, etc …

Si vous voulez être maître de la création de vos fichiers. Avec le JPG, vous ne pouvez plus intervenir sur ces réglages.

Avec le format RAW.

Lors du traitement d'image sur votre ordinateur, vous choisissez d'appliquer l'une ou l'autre des valeurs pour chacun des réglages. Vous disposez ainsi de beaucoup plus de latitude et de possibilités pour obtenir l'image de votre choix.

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article complémentaire :

La plage dynamique.