Le Raw et l’exposition à droite.



L'expression expose to the right (« exposer à droite ») est apparue pour la première fois dans un article de Michael Reichmann, publié sur le site Luminous Landscape. Elle fait référence à une conversation entre Michael Reichmann et Thomas Knoll à propos de l'exposition des images numériques. Thomas Knoll suggérait de surexposer les images de manière contrôlées pour peu que la plage de contraste de la scène soit inférieure à la plage dynamique du capteur.

Le bruit numérique est généré par un rapport signal Bruit. Il devient plus intéressant dans les parties de l'image les plus exposées. Il faut cependant noter que cette technique ne fait pas de miracle. Il faut réunir des conditions particulières. Dans le cadre de capture de la dynamique de contraste réduite, cette surexposition maîtrisée n'apportera qu'un léger plus à vos images. Elle trouve aussi ses limites dans l'utilisation de paramètres de prise de vue imposées pour un rendu précis.

La technique s'appuie sur la connaissance de votre matériel. Avec l'utilisation accrue de votre boitier et une notion précise de l'étendue dynamique de votre capteur, elle vous demandera également d'être attentif à la lumière sur le terrain. Vous devez déterminer la plage de contraste qui doit être entrée dans la plage dynamique de votre capteur. Ces explications un peu barbares sont la traduction d'une démarche qui se veut intuitive avec la pratique. Donc ne paniquez pas suite au jargon photographique. Si le principe du triangle d'exposition est intégré et que vous avez les notions des aspects créatifs de la vitesse et du diaphragme. Cette démarche de l'exposition à droite est aussi valable pour vous.

Ces deux notions sont donc les priorités. En effet, le choix de la netteté du plan focal et la profondeur de champ qui l'accompagne vous imposera un choix d'ouverture. Le deuxième impératif et non des moindre la vitesse, elle vous dicte des décisions à prendre pour limiter le flou de bougé du photographe et surtout du sujet qui imprime un mouvement. L'impact directe de ces deux notions limite votre exposition par des contraintes. L'exposition à droite n'est valable que quand il est possible d'augmenter l'exposition (pour saisir plus de photons) sans compromettre d'autres paramètres de l'image. On ne surexpose pas pour les images de manière arbitraire. Cela demande une réflexion sur son intention photographique. S'il vous est impossible d'enrichir le détail dans les zones d'ombres sans mettre en péril l'esthétique recherchée dans l'image.

Cette exposition à droite est-elle vraiment efficace ?

Avec le temps, je l'ai utilisée dans des conditions de prise de vue en spectacle, en mariage et reportage. Je suis totalement adepte de ce choix sur le terrain. J'ai appris à l'utiliser à sa limite. Il sera pour le moins important de se retourner vers d'autres solutions lorsque la limite du raisonnable est atteinte.

  1. On fera alors appel à l'entrée d'une source de lumière supplémentaire pour limiter la dynamique de contraste.

  2. Si le sujet le permet, le d'exposition peut aider. Il existe une fonction automatique embarquée par les boitiers. Pour ma part, je lui préférerai la solution d'un rendu au post-traitement. Mais revenons au sujet qui nous intéresse ce jour.

Exposer à droite pour limiter le bruit.

J’ai déjà abordé les origines du bruit dans un article précèdent visant à comparer les capteurs APSC et full frame. Mais je vais y revenir d’une manière plus précise et détaillée. Il existe plusieurs origines du bruit : en voici un résumé

Bruit photonique.

Le bruit photonique est la conséquence de la nature même de la lumière, son niveau est sensiblement proportionnel à l’exposition et fait partie intégrante du signal utile.

Le bruit photonique est inversement proportionnel à la taille des photosites : un petit photosite à moins de chance de récolter suffisamment de photons qu'un grand photosite, il est donc plus sensible au bruit. C’est la conséquence directe de la gestion du bruit entre un apsc et un full frame. Et la divergence est encore plus accentuée avec les moyens formats. Il faut cependant relativiser : il faut juger le bruit sur la totalité de l'image. A surface égale, on parlera également de la taille des photosites. Cependant même si c’est le cas la quantité générale des photons resteront le même lors de la capture.

Le bruit photonique est la principale source de bruit d'une photo.

Bruit structurel permanent.

Les photosites du capteur réponde différemment à une même lumière, ceci explique le bruit structurel permanent. Imaginez que vous photographiez un gris parfait à 18%, chaque pixel est sensé donner une info (R,G,B) = (118,118,118). Proche du milieu de l’histogramme (128.128,128)

Mais certains donneront (119,117,116) d'autres (117,118,120). Ce qui crée des petits points de bruit sur l'image. Ce bruit dépend uniquement de la qualité du capteur. Il n’y a donc aucune amélioration possible.

Bruit de lecture et bruit du courant noir.

La transformation de la lumière en signal électrique n'est pas parfaite, Elle va entrainer l’apparition d’un bruit de lecture. Les électrons peuvent avoir un comportement aléatoire. Ils peuvent se perdre en chemin ou apparaître sans raison.

A cela, il faut comprendre que même en l'absence de lumière. Un faible signal électrique sera quand même généré, c'est ce que l’on qualifie de bruit du courant noir. Vous pouvez en faire l’expérience avec des photo de pose plus ou moins longue bouchon sur l’objectif.

Bruit de quantification.

Le bruit de quantification apparaît lorsque le signal électrique est transformé en information numérique. Il diminue lorsque le nombre de bits augmente (une image codée sur 8 bits y est plus sensible qu'une image codée sur 14 bits). D’où l’importance d’utiliser les possibilités maximums offertes par le boitier et de travailler en Raw pour minimiser cet impact. On peut faire une analogie avec la musique en comparant la qualité sonore d'un enregistrement sur CD à celle d'un mp3 basse qualité.

Bruit dû à la création d'un fichier numérique.

On s'éloigne un peu du sujet mais sachez que, à moins de travailler en RAW, une photo est compressée : il y a perte de données, ceci dégrade l'image.

Le bruit chromatique.

Il est indépendant du réglage de sensibilité ISO de l’appareil, bien qu’il soit plus visible aux sensibilités les plus élevées. Il peut se manifester dans toute image, c’est-à-dire dans les hautes lumières, les tons moyens et les tons foncés, mais il varie d’un boîtier à un autre. La plupart des logiciels de développement RAW réussissent particulièrement bien à éliminer le bruit chromatique, au point qu’il est généralement possible d’utiliser un réglage par défaut. Tous les appareils photo dont les capteurs sont coiffés d’une matrice Bayer produisent du bruit chromatique, c’est un effet secondaire de l’interpolation des couleurs.

Camera Raw et Lightroom proposent différents algorithmes pour réduire le bruit de chrominance et de luminance. Il est à noter que Nik collection propose également son plugin DEFINE qui est extrêmement performant et permet un réglage très souple pour éviter un coté trop lisse à vos images.

La méthode illustrée la semaine prochaine