Le portrait dans l'histoire de l'art


Dans ma démarche, je me suis penché sur l'évolution du portrait pour en synthétiser les codes. C'est un héritage direct de mes années d'études de l'histoire de l'art en école artistique. J'y pense et les applique lors de mes mises en scène. Je vais essayer de vous en faire une carte d'exploration dans cet article. J'espère qu'il vous inspirera de nouvelles curiosités.


Utilisé à des fins religieuses, le portrait est présent dans la culture depuis l'antiquité. Il s'est vu reprendre par les maîtres Flamants. C'est une source d'inspiration pour les photographes. A la fois ancré sur le réel, à la fois torturé dans la représentation et l'expression, il est toujours le prolongement d'esprits créatifs. Le portrait suit un chemin tortueux dans l'histoire de l'art. Il est le reflet exact de l'expression de la société et de son évolution.

Un art funéraire et spirituel

Le portrait trouve ses origines dans l'époque antique. Le premier est attribué aux artistes Egyptiens entre (2700-2300 avant JC). Ces fresques n'étaient pas destinées à être vue par les vivants. Elles étaient destinées aux défunts, aux Rois et Divinités. Le portrait tient donc un caractère spirituel. Au fil du temps va s'installer des codifications pour le portrait funéraire. Ils arboreront des indications spécifiques à l'importance sociale. Il reste très peu de portrait hérité des civilisations Grecs et Romaine. Cela dit, des écrits témoignes de la présence de cet art du portrait dans ces régions. On peut donc en déduire que la peinture de portrait sert à transmettre à travers les âges, la ressemblance interprétée de personnes disparue. J'évoque l'interprétation, car celui-ci passe par la représentation de la personne via l'analyse et la perception d'un artiste. Cette approche funéraire va se faire bousculer par la montée du christianisme et à l'avènement de la pensée chrétienne.


L'ellipse du Moyen-Âge.

Le christianisme entretient un rapport incertain avec la représentation de l'homme. Dans les premiers siècles du Moyen-Âge, on voit apparaitre une interdiction de représenter des êtres humains en peinture et en sculpture. La raison est clairement la crainte de l'idolâtrie. Les seules scènes ayant un rapport au sacré autorisent la représentation de l'homme. Après presque un millénaire d'absence dans la culture, le portrait va progressivement réapparaitre. Il reprend une place au-devant de la scène.

L'homme devient le modèle du monde.

Le courant renaissance couvre une période longue de deux siècles durant lesquels la peinture s'exprime différemment. Elle a un caractère propre, selon la région, l'école picturale ou encore le contexte politico-social. Ce vaste mouvement est généralement divisé en trois périodes : la première renaissance (1400 - 1500), la renaissance classique (1500 - 1520) et le maniérisme (1520 - 1600).

Les courants humanistes, leurs intérêts grandissants pour les cultures antiques (Civilisations Grecs et Romaines), vont marquer un tournant pour l'avenir du portrait. Il va également découler de cette période les lois de l'harmonie dans la composition. Cette époque va cimenter les règles de la représentation artistique qui nous impacte encore de nos jours. Concernant le portrait, en suivant l'évolution et les innovations, Celui-ci adopte plusieurs formes. Il se verra également codifié tant dans l'attente du point de vue technique qu'au niveau des poses. Il va se développer principalement en Italie à Florence et en Flandre. Dans l'Italie Léonard de Vinci, Sandro Botticelli et Michelangelo, le portrait aura une représentation en buste. C'est de cette école que nous est arrivé l'héritage du portrait le plus connu au Monde Mona Lisa. C'est le résumé complet du portrait de la renaissance italienne. Je parle de portrait unique représentant une seule personne. La codification qui accompagne les portraits de situations dans les scènes fonctionnent avec d'autres centres d'intérêts et d'autres codes.


En Flandre pays des maîtres Jan Van Eyck, Alberch Dürer, Lucas Cranach, La peinture à l'huile fait son apparition. Elle va permettre une large avancée vers une peinture ultraréaliste. On quitte le portrait de face vers le portrait de trois-quarts face.

Au XVIème siècle, à Venise s'opère une modification majeure, L'art du portrait devient un art de cour. Les rois, les princesses et la noblesse ont recours aux services des maitres pour les immortaliser. Arrive les portraits aux reflets de pouvoir. Cette impulsion va conduire la bourgeoisie et les riches marchands à passer commande. C'est ainsi que des artistes comme Rubens, Rembrandt ont fait du portrait une spécialité.



Un art en mutation constante.

En résumé l'histoire de l'art est dictée par l'évolution de l'humanité. C'est le monde qui en dicte les canevas de périodes en périodes. Cette étude situe les œuvres dans un contexte géopolitique. Exemple : Après les sanglant combat de religion en France. Le portrait s'habille d'austérité reflet des restrictions d'après-guerre. Au milieu du XVIIème siècle, les portraits se feront en habits d'apparat. Ils seront l'illustration de la grandeur et du faste des grands dignitaires du régime. En Hollande par manque de commission de l'Eglise Calviniste, on voit apparaitre des portraits de groupe et en grand nombre. Suite à ces périodes de rigueur, L'art du portrait va évoluer et s'installer dans le Baroque et le Rococo. Les finitions réalistes vont faire places à la couleur et aux mouvements. Le tout dans un ensemble qui veut être le reflet de la joie et la bonne humeur. C'est le travail de l'expression qui domine. Le regard, le sourire, des portraits vifs avec des techniques rapide et spontanée. Je pense ici aux Portraits au Pastel de Quentin de la Tour ou à Jean-Baptiste Perronneau. Ils imposeront un genre à la mode.


Le Siècle des lumières permet de faire naître un courant « le sentimentalisme » dont tous ses codes sont parfaitement illustrés dans les portraits d'Elisabeth Viège Lebrun pour exemple.

En pleine révolution industrielle, la bourgeoisie accède au pouvoir d'achat. Ils vont pouvoir commanditer des artistes pour leur tirer le portrait. À cette époque, c'est l'invention et l'essor de la photographie qui va permettre de renouveler le genre. L'art du portrait se déclinera également dans les mouvements du Néoclassicisme, Romantisme, Réalisme et Impressionnisme. Il subit dans cette mouvance des mutations. Le rapport à la figuration va se modifier. On constate une dévaluation de la notion de ressemblance. Il va apparaitre la notion d'abstraction. Tout un parcours nous conduit doucement, mais surement vers les années 1960-1970. On va vivre un rapport avec l'image l'homme à travers des recherches d'esthétiques particulaires. Je cite ici les artistes américains Andy Wahrol, Francis Bacon, Alex Kats et Chuck Close.


Qu'il soit d'apparat, psychologique, allégorique, intime, mimétique ou idéalisé, dans l'histoire de l'Art, le portrait répond toujours aux mêmes objectifs et aux mêmes questions. La volonté d'idéalisation et de réalisme reste plus que jamais d'actualité. Il apporte des règles. Il nous donne des références qui s'appliquent à nous. IL guide nos choix lorsque nous voulons apparaître en public. Un guide qui oriente même notre présentation sur les réseaux sociaux, lors de la sélection de notre photo de profil.

Rendez-vous aux prochains articles pour aborder le portrait dans l'histoire de la photographie.

J'espère vous avoir donner envie de vous intéresser à ces artistes et que vous allez vous intéresser aux codifications du portrait au travers des âges.



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