La perspective dans le portrait



Avant de parler de la composition, voici un élément important, l’impact de la perspective sur le portrait.

Comprendre la perspective.

C’est un mot bien effrayant. L’approche de cet aspect ne doit en aucun cas freiner l’acte photographique. Elle va perturber la représentation de votre image du monde. La perspective dans notre discipline va dépendre essentiellement du matériel que vous allez utiliser pour mettre en œuvre votre cliché. Après tout un chacun est libre de photographier comme il perçoit le monde. Il faut cependant avant de se permettre ces petites libertés, acquérir un minimum de connaissances sur les effets optiques des différentes focales. Après, libre à vous d'établir vos règles. Et, il n’est pas toujours bon d’écouter les détracteurs, une partie de la critique de ceux-ci est basée sur une autre réalité du monde qui nous entoure. La vision du monde est bien différente et propre à chacun. Je vais faire référence à ce sujet plus bas dans l’article.



un petit exemple de choix du grand angle !

J'ai opté pour un 18 mm dans cette série pour ouvrir une narration et faire entré le spectateur dans la scène

Attention, je n'ai pas la prétention de traiter le sujet en profondeur. Je vais juste donner quelques notions que je considère suffisantes pour aborder le phénomène.

On peut définir la perspective par l'art et la science de représenter des surfaces dans l'espace. La perspective existe lorsque que l’on veut donner une illusion de la troisième dimension sur une surface plane. L’apparition de la représentation de la perspective dans la peinture vient des observations au départ de la caméra obscura. Elle influencera le travail de Léonard de Vinci et de bien d’autres. Cette reproduction spatiale impacte la forme des objets suivants leurs proportions et leurs éloignements. Nous tendrons alors à une représentation telles que nous l'observons en appliquant une optique adéquate sur notre boitier. Nous pouvons penser que cette modification ne se fait sentir que dans des scènes de grandes envergures. Elle n'est pourtant pas réservée qu’aux paysages, ou à l'architecture. Elle n'est pas uniquement destinée à la représentation d'espaces, distribués en successions de plans dans la profondeur de la scène.

Pour le domaine du portrait et du corps humain, la perspective va se révéler dans un de ses plus grand rôle. Elle est d'une importance capitale. Pour ce faire une idée, Il est impératif de comprendre et d’admettre que la représentation photographique est très différente de la vision humaine. Car, c'est un objectif qui va vous construite une image à partir d'un point vue unique. La lumière ainsi traitée par une focale renvoie cette information vers le plan film.

Mais Qu'en est-il de la vision humaine dans tout cela ?

Elle procède à la décomposition successive de tous les points de la scène. Elle nous envoie une succession d'analyse de l'espace dans une mécanique de reconstruction binoculaire. Après l'effort de focalisation des deux yeux dont les axes optiques sont orientés vers le point analysé. Le mécanisme de la vue s'enclenche pour obtenir la mise au point en fonction de la distance de l'élément regardé. Il existe suite à cette première action une latence lors du processus de reconstruction de l'image de la personne par le cerveau. Elle est infime, non perceptible et superposée sur l’image de souvenir visuel. En effet, le cerveau garde cette image mentale intacte, il utilisera une partie des données pour adapter les modifications de la scène. La représentation d’un lieu, d'un personnage et de tout autre objet par la photographie n'est donc jamais semblable à ce que nous appelons la « réalité ». En effet la représentation de notre monde visuel est le fruit de notre pensée. Les imperfections se gomme comme par magie, on aura tendance à l’idéalisation des lieux et objets. Nous serons trompés par notre regard, par ses forces et faiblesses.

C'est ce phénomène de construction mentale qui est à l'origine de la différence de perception de soi ou de ses proches dans une photographie.

En effet pour nous photographe lorsque nous immortalisons des personnes. Il nous apparait une somme de détails qui ne sont évident que dans l'acte photographique. Et ceux-ci nous ne les voyons pas dans la vie de tous les jours. Notre matériel ne sait pas faire un tri. C’est réservé à notre cerveau. Il faut bien être conscient que nous ne garderons que l'essentiel dans notre banque de donnée d'image. On évite ainsi d’encombrer notre cerveau. On ne se représente donc pas de la même manière les « défauts » et les éléments attrayants du visage ou du corps.

On constate le même phénomène pour ce qui concerne la perspective proprement dite !

Visuellement, les proportions du visage ou du corps nous semblent toujours respectées, quel que soit la distance à laquelle nous les regardons. Nous sommes capables de reconnaitre nos proches. Peu importe la distance à laquelle ils se trouvent. Quel soit au minimum acceptable par la vision, soit à plus ou moins 30 cm environ ou que nous observons à la jumelle notre enfant. Il aura strictement la même représentation en proportions.

C'est là que s’exprime encore notre imagerie mentale. Elle va construire une interprétation globale et synthétique de ce visage et de ce corps. Le but étant de stocker que les informations nécessaires et suffisantes à sa reconnaissance.

Passons à la théorie en Photographie !

La loi fondamentale concernant la perspective est celle-ci : la perspective ne dépend que du point de vue.

En explication, je vais essayer d'être clair. Cela veut dire que si nous photographions la même personne avec différentes focales (avec un zoom), sans déplacer l'appareil de sa station , toutes les images obtenues sont géométriquement semblables dans leurs parties communes.

Vous pouvez réaliser l'expérience chez vous avec un zoom classique style 28/105 (dont la focale en format 24 × 36 varie du semi grand-angle de 28 mm au petit téléobjectif de 105 mm).

Lorsque la focale augmente en millimètre de 28 vers 105, la seule chose qui varie est le rapport de grandissement proportionnel à la focale du sujet et à l’angle de champ sur le format du film ou du capteur. Disons ceci autrement, un zoom utilisé depuis le même point de vue ne fait que projeter une image plus ou moins grande du sujet sur la surface sensible. Cela passe par un agrandissement d’un morceau du personnage que l’on isole en serrant l’angle de champ.

Maintenant, si nous déplaçons notre point de vue en avant ou en arrière (c'est-à-dire, selon l'axe optique de l'objectif), nous obtenons des aspects très différents de ce même sujet qui reste lui immobile. Si nous procédons avec une focale fixe des vues successives, au fur et à mesure que nous nous approchons du modèle, ses oreilles semblent s'éloigner et son nez va devenir important. Le point de vue approché d'une focale, vers sa distance minimum de mise au point, grossit davantage le premier plan et inverse le rapport de l'arrière-plan. Le cumul des deux constatations donnera cette impression de déformations.

Si maintenant, nous modifions la focale de manière qu'elle soit de plus en plus courte. Que se passe-t-il ? Si nous voulons obtenir une tête de même taille sur la surface sensible en fonction de la distance du point de vue. Les métamorphoses du modèle sont encore plus marquées. Avec un extra grand angle et une distance minimum de mise au point, nous fabriquons une caricature de la personne sur le plan film. Si le visage est droit, le nez devient énorme. Si le visage est penché, le front est celui d'un macrocéphale, si la tête est relevée, le menton s'agrandit démesurément. C’est plus évident de le constater avec des très courtes focales de 11 à 20 mm.

Maintenant, on est moins attentif à ce phénomène à l’utilisation de très longues focales. Avec un point de vue qui sera par conséquent plus éloigné. Il sera d’autant plus éloigné si nous désirons entrer un plan taille sur le capteur. Cet éloignement conduit également à des modifications des proportions naturelles du sujet. J’entends par naturelle, la représentation mentale de chacun. Avec de longues focales, Les impacts sont moins apparents. Mais, elles sont bien existantes sur l'image. Dans ces conditions de prise de vue, les oreilles semblent trop grandes par rapport au nez et le visage apparaît comme aplati. Ceci est dû à la compression des perspectives des longues focales. La personne aura sur le cliché le visage grossis de manière générale.


Alors, parlons du point de vue qui restitue les bonnes proportions du sujet photographié.

Existe-t-il un point de vue à adopter pour respecter les proportions naturelles d'un personnage ? Voici notre réponse qui m'a été apportée dans une formation de Clarck Drahce :

Il faut pour cadrer le sujet que ce soit en gros plan, en buste ou en pied utiliser un objectif dont la longueur focale couvre un angle de champ de 24° environ dans la diagonale du format.

Avec un reflex 24 × 36, la focale de cet objectif est de 100 MM. Il faudra donc adapter cette formule au format des capteurs utilisés. Bien que les utilisateurs de Réflex se trouve à utiliser des APS-C de tailles différentes suivant les marques. Voici donc un tableau des focales délivrant un angle de diagonal de 24° par type de capteur.





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