La peau, un élément complexe



Voici une introduction à la retouche en portrait et surtout de la peau.

Dans un collectif de personnes passionnées par un même centre d'intérêt, vous trouverez autant d'avis divergents que de personnes qui composent le groupe. C'est un phénomène normal. Cependant, il va s'installer un certain nombre de critères communs qui relient ces personnes entre elles. On peut nommer cet ensemble de règles qui définissent un standard d'une discipline par « la mémoire collective ». Ces règles reprennent la crème des recettes qui fonctionnent pour établir une charte d'analyse. C'est ainsi que nous pouvons dans le cadre de ce qui nous intéresse, c'est-à-dire le portrait. Nous pouvons déterminer l'extrême qualité du travail de Steve Mac Curry, de Platon, D'Annie Liebovitz et bien d'autres. La liste est vraiment très longue. Ils ont ceci en commun ! Quel que soit l'histoire que raconte le cliché, le caractère naturel de la personne photographiés est préservé. Et vous ne verrez jamais de grandes dérives de saturations et de teintes dans leurs portraits. L'image reste cohérente.

En ce qui concerne la peau et sa retouche, c'est vraiment une démarche très compliquée à mettre en œuvre. Pour être agréable visuellement, il faut apporter un soin tout particulier au rendu de celle-ci. Si on la dénature en termes de coloration, de textures. Si on lui ne donne pas un aspect visuel qui est proche de notre ressenti de tous les jours. Notre regard rejettera sans aucune forme de procès l'image proposée. Nous croisons par jour énormément de personnes. Notre cerveau est chargé d'image, d'apparence physique et de portrait. La comparaison est inévitable. Si nous proposons aux spectateurs qui nous entourent d'autres perceptions. Plus, elles vont s'éloigner de la vérité. Plus La critique s'élèvera vite, même si artistiquement la proposition est de valeur et de qualité.

Nous allons donc aborder la notion de retouche de la peau ensemble.

Les portraitistes sont liés de très prêt à la représentation de la personnalité dans une forme équilibrée en lumière, en composition et surtout pour l'aspect de la peau. Dès l'apparition de la notion de client et ceci est valable dans toutes les disciplines artistiques, l'artiste ou l'artisanat est confronté aux envies des personnes qui font appel à ses services. La retouche s'est donc imposée très vite aux professionnels pour apporter satisfaction aux commanditaires. Elle s'est exécutée longtemps sur les négatifs. On était là en présence de retouche de l'aspect général de la peau, dans ses nuances en tonalités de Noir et Blanc. Dans une très faible mesure une dernière retouche pouvait également s'effectuer à l'encre sur le positif. La révolution est arrivée dans les années septante. Les images commerciales sont prises en couleur sur du moyen et petit format. La retouche au négatif n'était pas envisageable. Pas mal de soucis vont devoir être gommer en amont de la prise de vue, c'est la montée alors de l'aspect cosmétique qui va palier en partie aux imperfections. La technique d'éclairage va s'affûter. Les éclairages vont être spécialement étudiés et adaptés au portrait. C'est l'arrivée aussi de la notion de profondeur de champs extrême et de flou artistique qui est encore utilisé comme effets de nos jours. Le peu de retouches restantes seront appliquées sur le positif. Cette manière de procéder va tenir un long moment (plus d'un quart de siècle).

Les solutions numériques vont faire leur apparition à la fin des années quatre-vingt avec l'arrivée de la gestion de carte graphique chez Appel qui sera très vite rattrapé par Windows. C'est le départ de l'aventure Adobe qui règne en maître dans le monde de l'édition numérique. Les photos seront dans un premier temps numérisées et retravaillées en technique appelée « prépresse ».

Avec l'avènement du numérique et l'apparition du boitier numérique la retouche va exploser. Les techniques se diversifient. Avec La disparition du grain argentique visible en numérisation, la précision des capteurs modernes, L'image s'affine. En effet en une décennie les soucis des capteurs du début vont être relégués dans le stade du mauvais souvenir.

Actuellement, dans le domaine de la retouche de l'image en général et du portrait en particulier, l'arsenal, du photographe numérique d'aujourd'hui, n'a jamais été aussi étendu. Le photographe fait toujours appel de nos jours au make-up, aux lumières pointues. Cependant, il bénéficie s'il le désire des possibilités illimitées de la retouche.

Je vais relever dès à présent que le bon maquillage ou la bonne retouche est une action qui ne doit pas se voir dans l'image finale. On doit améliorer l'aspect de la personne sans la dénaturer. Je sais que cela risque de ne pas être du gout de tout le monde. Mais c'est bien la fonction primaire de la retouche photographique. Gommer les imperfections d'une photo dans une intervention fine et fluide de la retouche. Il y a également plusieurs grades à celle-ci. Les plus lourde étant la transformation du physique.


La stratégie de retouche.

La quantité des retouches à effectuer dépend de l'image et du résultat que vous cherchez à obtenir. Pour de nombreuses images, vous pourrez atteindre ce but en quelques clics dans le module Camera Raw ou Lightroom. Pour d'autres, vous devrez commencer par ajuster la balance des blancs dans Camera Raw ou Lightroom, corriger les dérives de vos optiques, puis travailler dans Photoshop pour les tâches plus complexes, comme l'utilisation de filtres sur des zones de l'image. Des techniques de Dodge and Burn, de séparation de fréquences. Ce niveau de retouche va être complément dépendant de votre culture visuelle. C'est vos références qui donnent le ton de la voie à suivre. Et les artistes de références en la matière de nos jours ont une charte de travail à critères très élevés. Et plus vous allez monter les critères plus vous allez devoir installer des techniques. Contrairement à l'idée reçue que l'on peut souvent entendre. Les personnes qui poussent le détail aussi loin ne sont pas des perfectionnistes. Il maîtrise un outil et il conduit la photo vers ce qu'Il a imaginé en amont. Ce sont des photographes qui attendent les clichés que la vie met à disposition. Il les fabriques à des fins commerciales ou de messages ciblés. Il s'en suivra une retouche soit personnel soit par l'intervention de retoucheurs professionnelles.

Maintenant, on peut se permettre en projets artistiques de proposer des interprétations. D'exploser des textures, de salir les images. Je suis en accord avec le principe dans la retouche artistique. Mais, Il est nettement plus délicat de donner du réalisme en portrait par ce type d'approche. Elle va à l'encontre de la mécanique naturelle et visuelle. Une proposition artistique de propositions fortes et assumées ne serons plus d'actualité dans un travail de reportage de mariage, communion ou portrait de famille.

Et encore moins si on travaille pour des projets commerciaux. Il ne faut pas négliger cette approche du rendu réaliste. Elle est souvent très utile. Sa maîtrise demande de l'application et des connaissances du logiciel utiliser. Ce n'est pas un effort à faire pour rien. Les retouches localisées ont ceci de bien, c'est qu'elles vont pouvoir s'appliquer à toutes les disciplines. De la photo animalière, à la macro, en passant par le packshot, même en architecture. On met en place ce type de traitement.

De plus, c'est la retouche qui rend vos photos uniques. Puisqu'au final, elles permettent de présenter votre univers visuel. Il faut savoir qu'à capteur équivalent, la composition et le point de vue ne seront pas suffisant pour créer votre identité visuelle. J'en parlerai un prochain article sur la mise en scène.

Mais, revenons à la peau !

Sa nature

La peau est une enveloppe élastique, une enveloppe avec les muqueuses des lèvres, des narines et des oreilles. Puisqu'elle est très élastique et résistante, elle accompagne et suit parfaitement le déplacement des éléments mobiles du visage, maxillaire inférieur et muscles d'expression. Elle a le pouvoir de se distendre et reprendre sa forme initiale. Le caractère élastique de celles-ci va en diminuant avec l'Age. Elle apportera son lot de ride

Son épaisseur varie de 0.5 à 3mm dans la paume de la main, les talons et la nuque. Elle est doublée d'une couche de graisse qui glisse sur les muscles. Sa partie profonde « le Derme » est traversé par des vaisseaux sanguins.

L'épiderme quant à lui est la partie que l'on voit et que notre objectif capture. Dans le cadre de la prise de vue au flash, cette partie de la peau est transpercée par la puissante lumière remontant, pour la peau caucasienne l'influence du système sanguin marquant ainsi les rougeurs de la peau et affectant suivant les personnes la teinte de celle-ci. Pour les peaux mates, protégée contre le phénomène et bloquent la lumière. L'épiderme devient très spéculaire.

La colorisation.

Elle ne varie pas seulement suivant les races. En effet quel que soit les ethnies, elle est différente d'un individu à l'autre. Dans la catégorie des peaux caucasiennes nous trouvons des peaux très claire, voir même à la limite de la transparence. Tandis que nous pouvons croiser des teintes rosées, chez les peaux mates, voir brunes très claires.

La richesse des carnations existe chez tous les êtres humains. Il est à noter que la densité de coloration change suivant les régions de la peau. La différence du flux sanguin apportera également pas mal de différence. L'épaisseur de la peau va jouer énormément. Le teint buriné d'un vieux loup de mer n'aura aucunes communes mesures en comparaison avec la peau d'un enfant.

Il faut également être très attentif, car la matité ou la brillance de la peau varie aussi d'une personne à l'autre et selon, la localisation dans le visage. Il y aura cependant des zones cible en portrait tel que le bout du nez et le front.

C'est autant de détails à surveiller pendant le shooting. Et autant de facteurs à corriger en post production.


Il existe une règle pour contrôler la tient de la peau

1. Le cyan doit être compris entre 1/3 et 1/5 de maganta et du jaune

2. Le magenta doit être égale au jaune

3.L e jaune doit être légèrement supérieur au magenta

4. Le noir va varier suivant la valeur des ombres et va intervenir dans la composition des teintes des peaux mates.

Ces valeurs se corrigent en RVB et sous le contrôle des valeurs en CMJN.

Il faut cependant noter que c'est un point de départ. Ce n'est pas une science exacte. Comme je l'ai énoncé dans l'article les teintes de peaux varient légèrement d'une personne à l'autre. Je vous donne ici une charte de vérification